vendredi 5 décembre 2008

Gated way to paradise

Seuls quelques jets d’arrosage tournoyant comme des derviches perturbent le lourd silence du crépuscule. Un garde en uniforme usé fait les cent pas le long des grillages, le regard empli d’ennui dirigé contre le sol. Un léger vent froid agite la cîme des palmiers dressés comme s’ils protestaient contre le silence étouffant. L’herbe blafarde des pelouses résiste timidement à l’invasion du sable. Les immeubles, les routes et même le ciel ont déjà tous été gagnés par la terne teinte du trop proche désert.

Je suis bien au paradis; c’est du moins ainsi qu’est définie cette infinie succession d’immeubles identiques plongés dans un silence moribond. Ici, pas d’étroits corps à corps, pas de vendeur ambulant vantant de sa bouche édentée la beauté de ses bibelots chinois, pas même de pop arabe au synthétiseur. Tout au plus, de temps en temps, un slow américain qui s’échappe d’une lointaine fenêtre.


Une fois la nuit tombée, les gigantesques enseignes de fast food illuminent le Food court, unique lieu de divertissement où la jeunesse dorée vient se prélasser et roucouler dans d’étinclantes voitures toutes fenêtres ouvertes et musique techno à fond.

Bienvenue à Rehab city, l’une des nombreuses cités satellites du Caire, rêve sans relief pour une classe moyenne fatiguée des interminables embouteillages et de tout ce qui précisément fait que j’aime cette ville.

1 commentaire:

libanaise, moi??!! a dit…

Ah... ça me rappelle l'ABC de Beyrouth! ;-)